La crédibilité et la légitimité de l'actuelle CNIH devant le Conseil d'Etat

30/06/2026

« Qui » ? Qui nommer parmi les personnalités de la communauté harkie au sein la Commission nationale indépendante harkis, la désormais célèbre CNIH. C'est par ce « qui » que le secrétaire général de la CNIH, Marc Del Grande, entend répondre à la critique qui est faite à cette CNIH qui a exclu toute représentation des victimes en son sein. Un "qui" qui a choqué lors de la table ronde organisée par la France Insoumise à l'Assemblée le 24 juin dernier.

Le choix a été fait par le politique de nommer iniquement et exclusivement des personnes extérieures à la communauté harkie et profanes sur la douleur et les préjudices endurés par les victimes du drame des harkis. Jeannette Bougrab, nommée au titre du Conseil d'Etat et non au titre des victimes, a très vite jeté l'éponge, démissionné et quittée la CNIH.

Après quatre années d'activité, la CNIH souffre d'un manque de légitimité et de crédibilité. Après la bourde de l'annexe 4 de son premier rapport d'activité en 2023 ayant promu l'image de « traître » des harkis, la CNIH n'est pas parvenue à construire et à établir un rapport de confiance et d'apaisement avec les victimes dont elle est chargée de réparer les blessures. Les actuels membres de la CNIH sont inconnus et sans saveur pour la population des familles de harkis. Il en va de même pour sa présidente, Madame Françoise DUMAS.

Par ailleurs, les rappels au respect de la loi infligés à la CNIH ces derniers mois par la justice administrative interrogent la compétence et le sérieux du travail des membres de la commission et de sa présidente.   

Enfin, la dernière sortie de son secrétaire général en fin d'année 2025 à Metz, jetant le discrédit sur l'arrêt Tamazount contre France rendu par la Cour européenne des droits de l'Homme le 4 avril 2024, en déclarant que « La France n'a pas reçu un pot de chambre sur la tête » a achevé les derniers restes de crédibilité de la CNIH. Pour mémoire, la France, pays des droits de l'homme, a été condamnée pour avoir infligé des traitements inhumains et dégradants aux familles de harkis enfermées au camp de Bias dans le Lot-et-Garonne.

Face à ce fiasco de l'actuelle équipe de la CNIH, le Premier Ministre n'a pas trouvé mieux que de proroger le mandat des membres actuels de la CNIH jusqu'en décembre 2027 par décret du 20 mars 2026. Parce que le Collectif et ses associations partenaires ne peuvent laisser perdurer ce désastre, une requête en annulation de ce décret a été déposé devant le Conseil d'Etat.

Pour paraphraser Nelson Mandela, tout ce qui fait pour les harkis, sans les harkis est fait contre les harkis. Le bon vieux temps des colonies, c'est terminé !

Afin que le Premier Ministre revienne sur ce décret et procède à la nomination d'une nouvelle composition de la CNIH comportant des représentants de victimes du drame des harkis, le Collectif propose la candidature de Monsieur Mahfoud AKABA et de Madame Louisa MAMERI. Il y a urgence à revoir, du sol au plafond, la composition comme le fonctionnement de la CNIH. On ne reconduit pas une équipe qui a échoué !

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